ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
CAS CLINIQUE  
Pyoderma gangrenosum : à propos d’un cas observé au Centre National Hospitalier  
Universitaire de Bangui  
Pyoderma gangrenosum : a case observed at the Centre National  
Hospitalier Universitaire de Bangui  
Falmata Lénguébanga Gabouga1, Peggy Mboli-Goumba Guérendo1, Colette Nganda Bangé2 Magloire Callot  
Zaorozob1 Grâce à Dieu Dibéré-Kamba Linet¹, Bénédicte Yassingou-Mawa¹, Idelle Ornella Pacelli Taban  
Innocent Kondissoh 1, Léon Kobangué1, Boniface Koffi3  
1. Service de Dermatologie-Vénérologie du CNHU de Bangui  
2. Centre National Hospitalo-Universitaire du Complexe pédiatrique de Bangui,  
3. Service d’Anatomie pathologique de Bangui.  
Auteur correspondant : Lénguébanga Gabouga Falmata, service de Dermatovénérologie au CNHU de Bangui.  
Tél : (236)75 322050 ; E-mail : gabougaf@gmail.com  
Reçu le 12/05/2024 ; Accepté le 25/09/2024  
RESUME  
ABSTRACT  
Le pyoderma gangrenosum (PG) est une affection  
rare peu connue qui se présente classiquement par  
Pyoderma gangrenosum (PG) is a rare and little-  
known condition, typically presenting as painful  
inflammatory cutaneous ulcerations that may be  
mistaken for infectious or ischemic lesions. We  
report the first case of pyoderma gangrenosum  
observed in the Central African Republic.  
This involved a 10-year-old boy referred from the  
Pediatric Complex for multiple necrotic, exudative  
ulcerations with poor evolution despite several  
antibiotic treatments. The lesions had been  
progressing for three months and were associated  
des  
ulcérations  
cutanées  
inflammatoires  
et  
douloureuses prêtant confusion avec des lésions  
infectieuses ou ischémiques. Nous rapportons un  
premier cas de pyoderma gangrenosum observé en  
Centrafrique. Il s’agissait d’un garçon de 10 ans,  
référé du Complexe Pédiatrique pour des multiples  
ulcérations nécrotiques, suintantes et d'évolution  
défavorable malgré l'administration de plusieurs  
antibiotiques. Ces lésions évoluaient depuis 3 mois  
avec une altération de l’état général et une anémie  
normochrome normocytaire. Les hypothèses d’un  
pyoderma gangrenosum et une vascularite ont été  
émises. L’aspect histologique a permis de poser le  
with  
a
deteriorated general condition and  
normochromic normocytic anemia. The differential  
diagnoses included pyoderma gangrenosum and  
vasculitis. Histological examination confirmed the  
diagnosis of pyoderma gangrenosum. Treatment  
with corticosteroids led to significant improvement  
in skin lesions.  
diagnostic  
de  
pyoderma  
gangrenosum.  
Un  
traitement à base de corticothérapie a permis une  
amélioration du revêtement cutané.  
Mots-clés :  
Pyoderma  
gangrenosum,  
enfant,  
Keywords:  
Pyoderma  
gangrenosum;  
child;  
ulcérations, Bangui.  
ulcerations; Bangui  
l'existence d'un PG ulcéreux, un PG pustuleux, un  
PG bulleux et un PG granulomateux superficiel ou  
végétant [2]. Nous en rapportons un cas de  
Pyoderma gangrenosum ulcéreux chez un enfant.  
INTRODUCTION  
Le pyoderma gangrenosum (PG) ou ulcère  
phagédénique est une dermatose bénigne dont le  
mécanisme n’est pas totalement expliqué. Il  
appartient  
au  
groupe  
des  
dermatoses  
neutrophiliques. Très douloureux et d'évolution  
rapide d'allure infectieuse, il contraste avec l'absence  
d'adénopathie inflammatoire. Son étiologie reste  
incertaine. Un traumatisme local, même minime  
peut révéler ou aggraver l’ulcération : c'est le  
phénomène de Koebner [1].  
Le diagnostic est donc souvent tardif, après de  
multiples traitements antibiotiques et chirurgicaux  
mutilants avec un grand risque de séquelles  
fonctionnelles et esthétiques. Il a été mentionné  
OBSERVATION  
Il s’agissait d’un enfant de 10 ans, de sexe masculin,  
référé du Complexe Pédiatrique pour des ulcérations  
nécrotiques persistantes malgré de nombreux  
antibiotiques évoluant depuis 03 mois, avec des  
antécédents de teigne du cuir chevelu ayant motivé  
un rasage. L’examen physique avait révélé des  
lésions érythémateuses et alopéciantes parsemées de  
zones d’atrophie et d’ulcérations généralisées, plus  
ou moins creusantes, aux bords violacés, regroupés  
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en plaques d’âge différents, œdématiés déchiquetés,  
suintantes, nauséabond localisées au niveau de la  
tête, des membres et du tronc (figures 1 et 2).  
Figure 3 : Une coupe histologique d’une pyoderma  
gangrenosum (Source : unité d’histopathologie du  
LNBCSP).  
Un traitement à base de corticothérapie et de soins  
locaux a été instauré. L’évolution était marquée par  
la disparition des signes généraux en 48 heures, la  
régression rapide des lésions en une semaine et la  
résorption partielle des ulcérations en trois semaines.  
Malheureusement l’enfant est perdu de vus.  
Figure 1 : polymorphisme lésionnel : pustules,  
atrophie, croutes, alopécies et ulcérations du cuir  
chevelu, notamment la zone rétro-cervicale avec  
suintement et autres ulcérations au tronc, au siège et  
aux membres (Source : service de dermatologie-  
vénérologie du CNHUB).  
DISCUSSION Nous rapportons ici, un 1er cas de  
pyoderma gangrenosum en Centrafrique, dont la  
symptomatologie laisse comprendre les difficultés  
de diagnostic liées à cette pathologie. Il s’agit d’un  
enfant de 10 ans de sexe masculin. Onyia et al ont  
rapporté des cas de PG chez les enfants [3]. Tandis  
que, Graham et al ont trouvé que le PG est rare chez  
les enfants [4], mais fréquent entre 20-50 ans [5].  
Dans l’étude de Sasor et al, il est relevé la  
prédominance féminine [6]. Le patient observé avait  
présenté une teigne du cuir chevelu dont le rasage  
aurait favorisé l’apparition des lésions. Des lésions  
peuvent survenir sur des zones de traumatisme  
(pathergie) [7]. La pathergie est définie comme une  
hypersensibilité à un faible stimulus [8]. Dans 25%  
de cas, le PG est déclenché par la pathergie  
secondaire à un traumatisme, en particulier lors de la  
pratique de certains actes chirurgicaux avec  
infection de la plaie opératoire (césarienne, chirurgie  
mammaire, mise en place d’un cathéter central) [9-  
11]. Toutes les zones peuvent être atteintes par le  
PG, avec une plus grande fréquence pour les  
membres inférieurs (75-80%) [12]. Il y a des formes  
à élément unique qui peuvent atteindre 10 à 20 cm  
de diamètre, des formes multiples presque éruptives  
d’allure très pustuleuse (souvent aspect de passage  
avec la pustulose sous-cornée) [7]. Des localisations  
moins fréquentes ont été décrites : cervico-faciales,  
médio-faciales, le cuir chevelu, le périnée et les  
organes génitaux externes. L'atteinte des muqueuses  
est exceptionnelle : muqueuse oculaire, linguale,  
nasale et laryngée [13]. Notre patient avait présenté  
un polymorphisme lésionnel avec entre autres des  
ulcérations multiformes généralisées mesurant entre  
3 à 35 cm. Il avait des localisations endo-buccale et  
Figure 2 : ankylose précoce, marquée aux plis du  
coude avec des ulcérations au niveau du tronc, aux  
coudes et au siège (Source : service de dermatologie-  
vénérologie du CNHUB).  
Les hypothèses d’un pyoderma gangrenosum et une  
vascularite ont été émises. Une antibiothérapie non  
spécifique a été instauré sans succès. La biopsie  
cutanée réalisée a révélé un épiderme acanthosique  
et siège d’exocytose, un derme renfermant une  
alternance de territoire de fibrose et d’œdème  
infiltrés d’éléments inflammatoires à prédominance  
neutrophiles (figure 3).  
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génitales externe comme l’ont rapporté Ecra et al  
[14]. Nous n’avions pas eu des signes orientant vers  
6. Sasor SE, Soleimani T, Chu MW, Cook JA,  
Nicksic PJ, Tholpady SS, Flores RL et al.  
une probable  
inflammatoire  
maladie systémique (maladie  
du tube digestif ou  
Pyoderma  
gangrenosum  
demographics,  
treatments, and outcomes: an analysis of 2,273  
cases. J Wound Care 2014;27(1):S4-S8.  
immunodéficience) comme l’a souligné Powell et al  
[7]. En l’absence d’un test de confirmation  
(sérologique ou histologique), le PG est diagnostiqué  
par exclusion des autres maladies [9]. Le diagnostic  
de PG est clinique, ce qui nous a permis d’instaurer  
le traitement par corticothérapie dès que la biopsie a  
été réalisée. Ce traitement nous a permis d’obtenir la  
résolution des ulcérations cutanées en quelques  
semaines, confirmant ainsi les assertions de Saurat et  
al [7]. Cette évolution, quoique favorable était  
marquée par des séquelles fonctionnelles et des  
cicatrices disgracieuses à certains sites lésionnels.  
Dans leurs description, Saurat et al. [7] ont évoqué  
une évolution se faisant vers une lente et inesthétique  
cicatrisation (cicatrice cribriforme permettant un  
diagnostic rétrospectif) en plusieurs mois ou années.  
CONCLUSION  
Il ressort que le PG pose un problème de diagnostic  
et de pronostic d’où le retard de diagnostic sur le  
patient dans notre étude. Un système cohérent de  
diagnostic précoce couplé à une prise en charge  
codifiée des maladies neutrophiliques, en particulier  
de PG est à mettre en place au CNHU de Bangui  
REFFERENCES  
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Conflit d’intérêt : aucun  
Remerciements :  
Je remercie le Directeur de notre institution, Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui, qui a autorisé la  
réalisation de cette étude, ainsi que tous nos maîtres et toute l’équipe du service de Dermatologie-Vénérologie.  
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